mercredi, mai 23

instamatik kodak d'occasion

Si je deviens pas docteur, je deviendrai Amélie Poulain

Quand je ne suis pas occupée à tenir des propos dignes d'une illuminée sous ecstasy, je fais des choses plus ou moins intéressantes, dont l'une, prépondérante pour l'instant, me casse les burnes d'une façon magistrale : j'ai nommé étudier. Blocus, syllabus, stress, examens, blabla. Avaler des chapitres, faire des exercices, avaler encore des chapitres, faire encore des exercices, chercher à comprendre encore plus. J'aime bien étudier, j'aime bien comprendre les choses et me casser la tête sur des problèmes fascinants de pH. Sauf que j'en ai marre d'étudier de la chimie, de la bio et de la physique. J'ai l'impression de refaire mon année précédente, en plus compliqué, et ça ne me plaît pas du tout. C'est un passage obligé pour "to be a doctor" mais n'empêche que si personne ne me retenait, je m'en irais en courant, fuyant faculté de médecine, chimie et biologie pour aller faire des mathématiques (vous voyez, les gens un peu fous qui s'enflamment devant un problème mathématique ? c'est un peu moi).

L'ennui principal, c'est que j'aimerais bien être médecin. Et il parait qu'un moyen assez radical pour être médecin, c'est faire médecine. En faisant maths, c'est déjà plus compliqué.

Alors bon : médecine.

Quand je serai grande, j'aurai un stéthoscope jaune d'abord, na !

Ce post était sponsorisé par des images de mauvaise qualité, bisous.


vendredi, mai 18

l'homme qui était doué d'une dyslexie magique qui faisait de lui un cow-boy poétique

Complejo

Je ne sais plus très bien pourquoi j'étais allée voir Saez. Peut-être parce que j'avais aimé son triple album. Peut-être parce que j'aime bien aller voir des concerts. Toujours est-il que je m'étais assise comme une petite vieille, que les spectateurs (moyenne d'âge : 13 ans) avaient commencé à fumer dans la salle et que j'avais craché mes poumons. Et puis que Cascadeur était apparu. J'avais pas trop compris qui il était, ni ce qu'il faisait là. J'avais pas compris que c'était la première partie. Mais j'étais toute seule, c'était envoûtant, un peu terrifiant, je suis tombée dans son monde et c'était bien. Puis il est parti. J'avais toujours pas capté ce qu'il faisait là, son nom n'était pas noté sur le billet, j'avais pas les pieds sur terre, Saez s'est pointé, je l'ai oublié.

Plus tard, beaucoup plus tard, ma prof de piano m'a parlé d'un morceau d'un artiste inconnu qu'elle appréciait particulièrement. Elle a noté le titre sur un bout de papier, je l'ai perdu, je lui ai redemandé, j'ai oublié, et j'ai fini par aller écouter, un jour. Sur Youtube. J'ai vu, je me suis souvenu que j'avais vu ce gars en concert. J'ai compris que c'était un artiste, qu'il faisait de la musique, qu'il s'appelait Cascadeur et que c'était beau. 
C'était comme découvrir qu'on connaissait ce qu'on ne connaissait pas. Sensation un peu étrange. 

J'ai offert l'album à ma prof de piano, et je n'ai plus jamais écouté Cascadeur. Je préfère le souvenir un peu flou que j'en ai qu'une approche plus réaliste. C'était un rêve un peu vaporeux, un peu magique. J'aime bien ça.

vendredi, mai 11

Il est maintenant cinq heures zéro six

Je ne vois pas en 3D, même à courte distance. Parfois c'est ennuyant, quand on doit regarder des structures moléculaires ou quand on joue au volley par exemple. Je dois toucher pour que mon cerveau traduise ce que mes yeux voient. Sincèrement, je m'en fiche un peu. Je ne m'en rends même pas compte. Il y a beaucoup de choses dont on ne se rend pas compte, mais je ne suis pas sûre qu'on s'en fiche à chaque fois.

Ma maison, il y a longtemps
"Regarde, le bel artichaud, photographie-le !"

Microscopie électronique à balayage


Marie-Joana, c'est ma Marie-Joana, je m'envole tous les soirs avec elle oh j'aime ça


Les hérétiques ne sont pas les bienvenus dans le sacro-saint temple du libre examen.
Souhail Chichah
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Je commente rarement des faits d'actualité, estimant souvent que je n'ai pas grand-chose d'intéressant à raconter et que mes propos ne sont pas assez objectifs à mon goût. Il faut parfois faire des exceptions.
Souhail Chichah est l'assistant-chercheur de l'ULB qui a interrompu une conférence à laquelle participait Caroline Fourest, en criant "burqua blabla" dans tout l'auditoire. Lorsqu'on lui a tendu un micro pour s'expliquer, il s'est contenté de répéter l'expression qu'il scandait déjà vigoureusement. Voilà pour les faits.

Affiche du débat mentionné plus bas

Hier soir, j'ai assisté une conférence-débat dont le thème était "Le racisme a-t-il changé de visage ?" à laquelle participait Souhail Chichah. Je voulais savoir ce que ce monsieur allait raconter quand la parole lui était donnée dans un cadre plus ou moins pacifique (et, il faut l'avouer, j'allais là-bas avec un peu d'amertume, compte tenu du fait que la conférence que le bureau étudiant de ma faculté avait organisée, sur un thème plus ou moins semblable, avait été soumise à tellement de pressions qu'on avait dû l'annuler). 
Une des premières phrases qu'il a dite, avec un ton goguenard, est celle que j'ai citée plus haut. Elle m'a profondément énervée. Pour faire un grossier parallèle, c'est un peu comme de dire "les nazis n'étaient pas les bienvenus chez les Juifs lors de la seconde guerre mondiale, c'est vraiment inadmissible !". Ce monsieur s'est inscrit volontairement à l'ULB (principe fondateur : le libre-examen !), y enseigne, va interrompre un débat grossièrement tel un censeur autoproclamé, et après, se plaint qu'on critique sa façon de faire. Notons bien que la parole continue à lui être donnée, au sein même de l'ULB (car c'est là que la conférence avait lieu) et qu'il ne la refuse pas. Il s'fout de qui ? 

D'un autre côté, il a, tout comme chaque participant, définit les termes qu'il allait employer pour désigner les "racistes" et les "victimes du racisme". Anne Morelli (historienne, ULB) estime que le racisme, de nos jours, est une discrimination sociale (richesse, réseau, etc) et a donc dénommé "possédants" les "racistes" et "possédés" les "victimes du racisme" (notons que "racisme" doit être encore défini, il faut avoir une définition très large de ce mot dans ce contexte). Souhail Chichah a quant à lui choisi de définir les mots "indigènes" et "Blancs" (mots qui ont une connotation dans le domaine du racisme déjà bien établie  -tout le monde a une image du "Blanc" et de l'"indigène") et a, tout au long du débat, défendu un point de vue qu'on pourrait résumer à "tout le monde déteste l'islam bouhouhou", bien qu'il ait précisé que ce n'était pas le cas lorsqu'on lui a demandé pourquoi il se posait en victime (le jeune homme qui a posé cette question s'est fait traiter de manière condescendante, Souhail Chichah ne lui reconnaissant pas le droit de le catégoriser comme victime).

Je vais finir ici par un dernier point qui m'a particulièrement déplu. La manière dont Souhail Chichah s'exprimait, répondait aux questions, les piques qu'il lançait à tout propos, les expressions qu'on pouvait lire sur son visage étaient d'une impolitesse pure et simple. J'ai beau avoir dix-huit ans, si j'avais l'idée d'avoir un dixième de l'impolitesse qu'il a manifestée hier soir, mon papa me botterait les fesses et aurait raison. 

Il y a des gens qui ont l'air con, sans micro. Et qui ont l'air abject, avec micro.

vendredi, mai 4

Et le bronzage de tes fesses dessine un coeur vulgaire mais beau

J'ai dit qu'en tout cas, pour Noëllie, le côté mondain comptait énormément.
- Elle travaille beaucoup, elle a besoin de détente, m'a-t-il répondu.
- Mais pourquoi les galas, les générales, les boîtes de nuit à la mode, ça me semble absurde.
- Absurde ? Au nom de quoi ? Tous les divertissements ont quelque chose d'absurde. 
La femme rompue, Simone de Beauvoir 
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Sinon moi ça va, je bois du jus de pomme par litres et je vais souvent faire pipi. Le jus de pomme accompagne très bien les galettes de riz. En plus ça ne coûte pas très cher, 99 centimes pour un paquet. Ca craque sous la dent, ça crisse, ça rend parfois la bouche un peu pâteuse, mais on grignote, on grignote, et ça fait du bien. Il y a des choses comme ça, en blocus, qui font du bien, des petits plaisirs plus ou moins simples. Le jus de pomme, les galettes de riz, et aller faire pipi. 

Surtout aller faire pipi, je trouve que c'est un moment très apaisant.
 
Nyx - Mansfield.TYA



jeudi, mai 3

C'est toi que je t'aime vachement beaucoup



Je passe beaucoup de temps à la Fnac, à feuilleter les livres de photographie. Je les manipule avec un brin d'appréhension, une espèce de peur d'être démasquée, que le vendeur vienne interrompre ma contemplation avec des questions, une proposition d'aide. Je n'achète pas souvent de livres à 80€. Mais j'ai une petite enveloppe dans laquelle je glisse un peu d'argent, régulièrement. Et quand l'enveloppe contient assez de sous que pour acheter un livre coûteux, je fonce l'acheter. Je prends le premier qui m'attire, je le tiens serré et je passe à la caisse. Parfois, quand je suis chez moi, je me dis que je suis bête d'avoir dépensé 80€ dans un livre, ou que j'aurais dû prendre l'autre. Ce sont des pensées qui s'effacent vite. 

J'aime bien les livres d'art.

 
Robert Doisneau

Sophie Calle

J'aime bien l'université. J'aime bien mon université. Parfois elle est un peu foireuse, c'est vrai : c'est probablement l'université la plus bordélique du pays et souvent, des débats s'auto-censurent. Curieux, pour une université qui prône le libre examen. Mais je l'aime bien quand même. J'ai inscrit L'HUMILITÉ sur la page de garde de mon cahier, mais je pourrais y ajouter THÉO ♥ en guise de deuxième commandement.  

Sinon les cuberdons c'est bon. 
 
(Pierre-)Théodore Verhaegen, fondateur de l'Université Libre de Bruxelles

Les cuberdons

Morceaux choisis

Être aux Seychelles, et photographier des panneaux.

Ce panneau prévient le visiteur qu'ici, c'est une plage, et qu'on ne nage pas à vélo.

Le président actuel de la République (...et de l'unique parti au pouvoir).
Certains Seychellois réprouvent cette forme atrophiée de démocratie. 
A côté d'une douzaine de tortues, elles-mêmes à côté de la "maison d'Emmanuelle" (où un film a été tourné, paraît-il).

...ou comment indiquer le centre d'un mouchoir de poche.

"Le thé ? Bof, pas pour l'exportation. Ni pour l'usage local, c'est plutôt pour les touristes"

Au début, j'y ai cru.

Parole du jour.

Au commencement, Dieu créa la terre et les cieux.

Même quand j'étais petite, la Genèse m'intriguait. Je voulais bien croire qu'il y avait des magiciens, des fées, des parents et des grands-parents capables de tous les miracles possibles, mais que Dieu soit arrivé à créer la terre et les cieux, juste comme ça, en une journée, ça m'intriguait. En une journée, on peut cueillir beaucoup de groseilles, éventuellement s'occuper de deux ou trois champs de taille moyenne, se plonger dans un livre ou aller à l'école. Mais créer la terre et les cieux, non, vraiment, ce n'est pas possible.

Quoi qu'il en soit, je n'arriverai jamais à créer la terre et les cieux, et encore moins à poster des trucs régulièrement sur ce blog. Mais bon, j'aime bien croire qu'il y a des magiciens, des fées, et des géants qui ont des livres dans leurs poches, tout peut donc être possible.

Mon grand-père, ce magicien.