vendredi, mai 18

l'homme qui était doué d'une dyslexie magique qui faisait de lui un cow-boy poétique

Complejo

Je ne sais plus très bien pourquoi j'étais allée voir Saez. Peut-être parce que j'avais aimé son triple album. Peut-être parce que j'aime bien aller voir des concerts. Toujours est-il que je m'étais assise comme une petite vieille, que les spectateurs (moyenne d'âge : 13 ans) avaient commencé à fumer dans la salle et que j'avais craché mes poumons. Et puis que Cascadeur était apparu. J'avais pas trop compris qui il était, ni ce qu'il faisait là. J'avais pas compris que c'était la première partie. Mais j'étais toute seule, c'était envoûtant, un peu terrifiant, je suis tombée dans son monde et c'était bien. Puis il est parti. J'avais toujours pas capté ce qu'il faisait là, son nom n'était pas noté sur le billet, j'avais pas les pieds sur terre, Saez s'est pointé, je l'ai oublié.

Plus tard, beaucoup plus tard, ma prof de piano m'a parlé d'un morceau d'un artiste inconnu qu'elle appréciait particulièrement. Elle a noté le titre sur un bout de papier, je l'ai perdu, je lui ai redemandé, j'ai oublié, et j'ai fini par aller écouter, un jour. Sur Youtube. J'ai vu, je me suis souvenu que j'avais vu ce gars en concert. J'ai compris que c'était un artiste, qu'il faisait de la musique, qu'il s'appelait Cascadeur et que c'était beau. 
C'était comme découvrir qu'on connaissait ce qu'on ne connaissait pas. Sensation un peu étrange. 

J'ai offert l'album à ma prof de piano, et je n'ai plus jamais écouté Cascadeur. Je préfère le souvenir un peu flou que j'en ai qu'une approche plus réaliste. C'était un rêve un peu vaporeux, un peu magique. J'aime bien ça.

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